The Line et la Ligne, Easter poem in 2 languages. Video by Noémie Daval.

The line – English version

La ligne – French version

French version below

THE LINE

Vertical line wafer-cotton-thin
Top to bottom, heaven to earth
Perfection drawing down to gravity

Pure line cuts through messed-up years
Soul-tearing conflicts, each side’s tug of war
pulling to displace it, transform it, own it
thread-bare it out of all recognition
in order to occupy the centre ground

But this plumbline across which the pendulum swings
the pivotal point of Every Thing
continues its course
through every nightmare of human emotion

the scream, the fury, the nourished resentment
of the woman whose mind has got lost in her life
soiling herself as she hits out at cars
the power-crazed, feeding on the hearts of others
children’s voices silenced by a real gun
or made adult too soon, souls sold for cash
the homeless washing t-shirts in a Paris drain
pride strutting down the sidewalk in smoked-glass shades
the complacent me-dom of righteous indifference
its scrapheaps of privilege
paradise to the scavenger
the misplaced hope in fairy tales
the disappointment in reality

Pinned out on a slab with nails between this point and that
Left to be picked at by crows
This divine line takes the electric charge
of the death-row chair
Full on
Racked by the voltage from our killing fields

3 days of nothing

Before the line resumes where it left off
Regains its purity of form and becomes
the heartbeat underpinning the world, for ever

 © 2014 Mary Featherstone  

 

LA LIGNE

Verticale, ténue, filament
Haut en bas, ciel à terre
Perfection rencontre gravité

La ligne pure traverse les années ratées
Les conflits ravageurs qui fendent l’âme
Chacun tirant à la corde pour s’emparer du fil
le transformer, dénaturer, élimer
jusqu’à le rendre méconnaissable
afin d’occuper la place centrale

Et la balance oscille d’un côté, de l’autre
De ce fil à plomb
Pivot de Toutes Choses
Qui suit son cours
A travers chaque cauchemar de l’émotion humaine

Le cri, la fureur, l’amertume nourrie,
De la femme dont la vie a détruit la raison
Qui se souille alors qu’elle tabasse les voitures
L’affamé de pouvoir, qui se goinfre de cœurs
Les voix d’enfants tues par un vrai fusil
Adultes précoces, âmes vendues pour le fric
Les sans-abris qui lavent leur linge dans un égout parisien
L’orgueil qui se pavane sur les Boulevards derrière ses verres tintés
le moi-roi qui se suffit à lui-même dans son indifférence vertueuse
Les ordures du privilège, paradis de l’affamé
L’espérance mal placée dans les comptes de fée
La déception du réel …

Tendue sur une planche, clous ça et là
Abandonnée aux rapaces
Cette ligne divine reçoit la charge électrique
de la chaise du couloir de la mort
de plein fouet
Tenaillée par le voltage de nos charniers

Trois jours sans rien
… or la ligne reprend
Retrouve sa pureté de forme et devient
Le battement de cœur qui soutient le monde, à jamais

                                                               

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